LA MEDECINE ESTHETIQUE

 

 

  1. Qu’est-ce que la médecine esthétique ?

 

La médecine esthétique est une médecine qui a démarré aux Etats-Unis dans les années 90 puis tres rapidement en Europe et en particulier en France. Cette discipline à complètement exploser avec l’arrivée des traitements anti-rides(collagène, l’acide hyaluronique…) et surtout avec la toxine botulique (Botox). L’objectif de la médecine esthétique est de ralentir ou de corriger les signes du vieillissement comme les rides, l’affaissement et le creusement du visage par des gestes qui ne sont pas chirurgicaux. Les méthodes qui relèvent de cette médecine sont deux ordre : il s’agit des méthodes de comblements (injections de produits résorbables ou non, de graisse, etc.) et des méthodes de soustraction (peeling, laser-abrasion, micro aspiration) le botox ? qui ne nécessitent pas d’être faite dans un bloc opératoire. Ces traitements peuvent intervenir avant la chirurgie ou venir la compléter selon le cas. Ce qui est important c’est que tous les produits utilisés pour ces actes relèvent de l’usage médical, c’est-à-dire que seuls des médecins sont habilités à les utiliser. De ce fait tout médecin qu’il soit généraliste ou spécialiste peut s’estimer apte à pratiquer ces interventions du moment qu’il a prêté le serment d’hyppocrate. En France, la médecine esthétique n’est pas reconnue comme une spécialité, ce sont souvent  les laboratoires qui organisent des formations pour les médecins à l’utilisation de leurs produits, c’est pourquoi on trouve des médecins généraliste, des gynécologues, des ORL, etc.  mis bien sur des chirurgiens plasticien et des dermatologues qui la pratiquent couramment. Toutefois,  devant la demande et le développement de cette médecine deux grandes associations de médecine esthétiques, l’AFME (L’Association Française de Médecine Esthétique) et SFME ( Société Française de Medecine Esthétique) se sont constitués. Leur but, outre le regroupement et la formation des médecins est d’aider la médecine esthétique a devenir comme la chirurgie esthétique une spécialité à part entière et reconnue. En dehors d’assurer des formations auprès de leur adhérents, ces associations organisent des congrès, des symposiums, elles ont un site internet et une revue (noms des revues :Journal de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique).

 

 

En bref, Méthodes et techniques de traitement relevant de la médecine esthétique :

les injections de produits résorbables : ils sont injectés dans le derme afin de gonfler la "cassure" occasionnée par la ride (collagène, acide hyaluronique, etc...).

les produits non-résorbables : ils sont placés un peu plus profondément afin de combler les creux et donner des volumes. (métacrylates, acrylamides, Goretex, etc...).

La toxine botulique (Botox) : efface les rides dites d’expression (front, pattes d’oie, glabelle)

le filling : ou injection de son propre tissu graisseux, réalisant une correction par "auto-greffe".

le mésolift biologique : des minéraux, vitamines, produits hydratants, suivant le cas, sont injectés sur l’ensemble du visage pour redonner éclat du teint et fermeté des tissus.

les peelings chimiques : il s’agit de faire peler la peau de tout ou partie du visage par simple application de produit acide.

les lasers : ils enlèvent la couche superficielle du derme (avec les ridules) et permettent une régénération d’une nouvelle peau sans défaut.

les peelings mécaniques : la micro-dermabrasion enlève aussi la couche superficielle du derme par projection puissante de cristaux d’alumine.

Les fils tenseurs : fil d’or et fils russes , ils tentent de retendre la peau relâchée

Les greffes de cheveux : permet de traiter la calvitie grâce aux propres cheveux du patients avec un résultat définitif.

 

 

  1. A quel âge peut-on commencer ?

 

Il n’y pas vraiment d’âge précis pour commencer à avoir recours à la médecine esthétique. Ce que l’on peut dire, c’est que l’indication première est très certainement l’apparition des premiers stigmates du vieillissement, ce qui en général se situe aux alentours de 30/35 ans. Bien évidemment, il s’agit ici d’un âge moyen car tout dépend de l’hérédité familiale et du mode de vie de la personne. Par exemple, dans certaines familles les sillons nasogéniens sont marqués très tôt, une personne qui fume et/ou qui abuse du soleil se ride plus vite qu’une autre qui ne fume pas et qui se protège des rayons Ultra Violets. Mais la demande peut aussi relever d’un critère psychologique et ici l’âge rentre peu en ligne de compte. Par exemple une personne jeune peut très bien se sentir mal en société parce qu’elle trouve que ses rides frontales sont trop apparentes pour son âge et émettre le souhait de se faire injecter de la toxine botulique. C’est donc le patient qui fait la demande et c’est au médecin s’il juge que cette personne est trop jeune (moins de 25 ans) et qu’elle n’en a pas réellement besoin qu’il revient de la freiner. Même s’il est vrai qu’il existe des traitements simples comme les peelings doux aux acides de fruits (voir P), le médecin doit toujours identifier la demande de son patient pour pouvoir le conseiller au mieux. Quand la demande vient d’une personne ayant dépassé la soixantaine, ici encore le médecin se doit être clair car la médecine esthétique ne peut pas faire de miracle et ce n’est pas des produits de comblement qui vont, part exemple, retendre des tissus très distendus. S’il le juge utile le médecin doit plutôt que d’accepter de faire des interventions régulières mais peu efficaces conseiller un acte chirurgical.

 

 

 

  1. A Quelles parties du corps s’adresse cette médecine ?

 

La médecine esthétique concerne essentiellement le visage, depuis la ridule jusqu’au sillon en passant par la ride et le relâchement de la peau.

Les ridules sont les petites cassures de la peau qui apparaissent principalement à l’expression du visage mais qui disparaissent quand le visage est au repos, l’exemple typique est la patte d’oie qui apparaît quand une personne sourit. La ride quant à elle est plus marquée et se voit alors même que le visage est au repos. Quant au sillon c’est un trait bien marqué, bien profond et bien creusé dû le plus souvent à l’aggravation d’une ride mais aussi à l’affaissement des tissus, c’est le cas par exemple pour les sillons naso-géniens qui se trouvent de part et d’autre du nez et qui se trouvent d’autant plus marqués et profond du fait que la joue s’affaisse. La ridule ne peut être comblé mais on peut les estomper avec la toxine botulique qui va detendre les muscles (voir question ) contrairement à la ride et au sillon dont c’est l’indication première.

Mais la médecine esthétique peut aussi concernées d’autres parties du corps comme les mains sur lesquelles peuvent apparaître des tâches ou qui peuvent se friper en raison du desséchement de la peau.

 

  1. A quel médecin dois-je m ’adresser ?

 

Comme il a été dit à la question 30, la médecine esthétique n’est pas une spécialité médicale reconnue par le conseil de l’ordre. Elle peut donc être pratiquée par tout médecin sans que l’on n’ ait aucune certitude sur sa formation. En général, ce sont les spécialistes de la peau qui la pratique le plus couramment : dermatologues, chirurgiens plasticiens, mais de nombreux médecins généralistes renoncent à la pratique de la médecine générale pour se mettre à pratiquer exclusivement cette médecine . Du fait de la non « spécialisation » de ceux qui sont habilités à faire de la médecine esthétique, il semble tout de même plus prudent de vous adresser aux personnes qui connaissent le mieux la peau, c’est-à-dire aux dermatologues et aux plasticiens (chirurgiens esthéstiques et réparateurs). Il est bien évident qu’un gynécologue connaît moins bien les problèmes relatifs la peau que son confrère dermatologue dont c’est la véritable spécialité.

Quant au bouche à l’oreille, cette méthode est bonne mais a ces limites car contrairement à la chirurgie esthétique où les résultats sont visibles sur un laps de temps assez court, en médecine esthétique ont peu voir des complications apparaître plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard.

Avant de confier votre visage à un quelconque médecin, vous devez donc vous assurer qu’il a bien la compétence des produits qu’il utilise. Si ces renseignements ne sont pas toujours faciles à obtenir certaines pistes peuvent tout de même vous aider à orienter votre choix : le médecin doit être capable de vous expliquer quel est la nature du produit qu’il emploie, vous dire clairement quels en sont les risques et les avantages, etc.(voir …).il doit également vous expliquer pourquoi il pense que ce produit est adapté à votre cas, Face à un médecin qui refuserait ou tout simplement qui se trouverait dans l’incapacité de vous donner des explications claires, le mieux à faire est encore de demander d’autres avis ! Les laboratoires presentent régulierement de nouveaux produits, plus durables, moins chers…etc et propose aux medecins de les tester gratuitement.celui ci devra donc vous dire depuis quand existe ce produit et depuis quand il l’utilise,

 

  1. Quel que soit le médecin celui-ci doit être capable de:

 

  • vous expliquer le ou les produits qu’il emploie
  • vous soumettre les risques et les avantages de ce produit
  • vous demander si vous avez déjà présenté des allergies à ce produit ou à d’autres.
  • vous demander si vous avez déjà eu une injection et de quel produit
  • Vous demander si vous êtes enceinte ou si vous allaitez.
  • Vous demander si vous suivez un traitement médical pour éviter tout risque de complications et quels sont antécédents médicaux
  • vous faire un devis écrit si le montant de ses honoraires dépassent 300 euros
  • vous laisser un délai de réflexion avant de vous faire subir n’importe quel acte de médecine esthétique.

  

 

  1. Les soins de médecine esthétique peuvent-ils être pris en charge par la Sécurité sociale ?

 

Non, il n’y a jamais de prise en charge pour tout acte de médecine esthétique contrairement à la chirurgie esthétique où certains actes comme la plastie mammaire peuvent donner lieu à une prise en charge quand la demande est réellement justifiée (pas de seins du tout, ou l’inverse une poitrine beaucoup trop importante, hypertrophie). Quand le chirurgien juge que l’opération est nécessaire parce qu’elle entraîne chez la femme des problèmes physiques et psychologique, il remet alors une demande d’autorisation préalable à sa patiente que celle-ci envoie au centre de sécurité de sociale dont elle dépend. Toutefois, cette prise en charge passe par un contrôle très strict de la caisse de sécurité sociale et si le médecin de la caisse juge que la demande n’est pas justifiée, il convoque alors la personne pour donner son aval ou son refus. Si suite à un envoi de demande d’entente préalable,  la caisse de sécurité sociale ne répond pas, on considère que la prise en charge a été acceptée. Toutefois, toute l’opération n’est pas prise en charge et la patiente doit payer les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste. Il faut enfin savoir que devant l’exagération et le nombre croissant des demandes des dernières années, peu de personnes peuvent bénéficier aujourd’hui de cette prise en charge et qu’un certain nombre de chirurgiens font l’objet de contrôle de la part des caisses de sécurité sociale.

 

  1. Dois-je exiger du praticien qu’il me dise quel produit il a utilisé ?

 

Oui, absolument et c’est d’ailleurs une obligation du praticien de vous prévenir du type de produit qu’il compte utiliser. Cette obligation a pour but d’éviter deux types de problèmes, d’une part, les allergies, par exemple, le collagène qui fut très employé à une certaine époque nécessite toujours une petite injection « test » dans l’avant bras ou derriere l’oreille pour renseigner le médecin sur la réaction de l’organisme, et, d’autre part, surtout d’utiliser des produits incompatibles entre eux qui pourraient donner lieu à des complications ultérieures. Or en pratique on constate que bien souvent les personnes ne savent pas ce qu’on leur injecte ou ce que l’on leur a déjà injecté car elle n’ont pas eu de document et que les explications données étaient insuffisantes ou peu claires. Cette ignorance est loin d’être dénuée de conséquences quand on sait par exemple qu’une personne ayant reçu dans la peau un produit non résorbable et qui reçoit ensuite un produit résorbable (voir question) peut activer une réaction de son organisme, qui généralement est locale.

Par souci de prudence et de sécurité, il est donc peut recommandé d’avoir recours à différents types de produits et il est très important, si vous êtes un ou une adepte de la médecine esthétique, que vous notiez toujours quelle que part les noms des produits et les dates auxquels ils vous ont été injectés. Ces renseignements seront utiles au médecin pour savoir s’il peut entreprendre sur votre visage tel ou tel acte, ils le renseigneront également  sur les possibles complications susceptibles de survenir.

 

 

  1. Quelles sont les complications possible de la médecine esthétique ?

 

Les complications consécutives à un acte de médecine esthétique sont essentiellement locales, c'est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’une maladie générale qui viendrait atteindre tout l’organisme mais d’une réaction qui surviendrait au niveau de la partie qui a été traitée . Par ailleurs ces complications dépendent du type de produit utilisé. Il faut distinguer deux types de complications, les précoces et les tardives. La distinction se fait en rapport de l’apparition de la complication. Parmi les complications précoces on citera

les hématomes ou les ecchymoses ont des suites plus que des complications courantes dû au sang qui s’est échappé des petits vaisseaux qui se trouvent sous la peau. Ils apparaissent notamment si la personne a pris de l’aspirine, ce pourquoi il est toujours important de tenir le médecin au courant des traitements que vous prenez . Si vous êtes sous traitement d’acide salicylique (aspirine) au long cours en raison de problèmes cardio- vasculaires, vous ne devez cependant jamais arrêter votre traitement sans l’avis de votre médecin traitant.

la rougeur se caractérise par aspect rouge de la peau. Quand celle-ci apparaît au point d’injection et ne dure que quelques heures, il ne s’agit pas d’une complication mais d’un effet indésirable, mais si elle persiste au-delà il se peut que se soit le début d’une véritable complication. Il convient de rappeler le médecin et de lui montrer l’aspect de cette rougeur pour qu’il s’assure qu’il ne s’agit pas d’un début d’abcès ou d’autre chose….

la douleur au point d’injection  est aussi un effet indésirable courant. Normalement, elle doit disparaître dans les heures qui suivent l’acte. Si elle persistait, vous ne devez pas hésiter à rappeler le médecin car comme pour la rougeur ce peut être le début d’un abcès ou …

l’ asymétrie des parties corrigées en raison d’un excès ou d’une insuffisance du produit injecté peut parfois arriver. Là encore, il ne s’agit pas vraiment d’une complication mais plutôt d’un effet indésirable. Quand ce type de problème intervient sur une ride qui n’a pas été assez corrigée, le médecin pourra toujours vous faire une retouche. A l’inverse si c’est une ride qui a été trop comblée le problème est plus ennuyeux surtout si le produit utilisé est un produit  non résorbable. Si l’on prend l’exemple de la lèvre par exemple, on imagine facilement combien  une lèvre trop gonflée avec un produit non résorbable peut s’avérer être  une véritable catastrophe car il n’y a malheureusement plus grand-chose à faire !

Le risque d’allergie est toujours possible avec tous les produits mais surtout avec le collagene nécessitant un test d’allergie 3  semaines avant l’injection.

Les complications tardives se caractérisent notamment par l’apparition de granulomes, sorte de petits kystes qui peuvent apparaître sous la peau quelques mois voire 2 ans après avoir subi des injections.

 

Les granulomes sont le résultat d’une réaction de l’organisme qui cherche à éliminer un corps étranger. Cette réaction est une réaction de défense fréquente. Elle suit le même principe que la celui de la piqûre d’un insecte qui laisserait son dard. Quand on se fait piquer par une guêpe, par exemple, si l’on ne prend pas la précaution d’ôter complètement le dard, à l’endroit de la piqûre va se former une petite boule. Avec les injections, c’est exactement la même la chose car le produit étant injecter dans la peau il crée une réaction. Celle-ci peut régresser spontanément ou bien au contrairement et donner lieu au granulome. Les granulomes peuvent apparaître sur tout le trajet où le produit à été injecté. Le problème est très difficile à traiter et sur le plan esthétique c’est en général très gênant car la taille de chaque granulome peut être variable et l’évolution est souvent de mauvais pronostic. En effet, il n’ y a aucune tendance à l’amélioration bien au contraire. Au regard du nombre de personnes injectées cette complications reste rare mais il n’en demeure pas moins qu’elle peut à chaque fois que vous vous faites injecter un produits, et ce quel que soit le produit. Par exemple aujourd’hui les laboratoires pharmaceutiques mettent un avertissement dans leur notice, même ceux qui vendent de l’acide hyaluronique ! Le mélange de produit est facteur aggravant c’est pourquoi vous devez toujours prévenir le médecin des injections que vous avez déjà pratiquées.

Lorsque des granulomes apparaissent, le médecin essaye d’agir avec des anti-inflammatoires, notamment des corticoïdes, car il s’agit au départ d’un problème inflammatoire locale. En général le médecin vous suggère de commencer par l’application de corticoïdes locaux mais malheureusement ces crèmes s’avèrent souvent peu efficaces aussi se trouve-t-il dans l’obligation de proposer la voie injectable. Les corticoïdes utilisés sont des corticoïdes dits retard pour que leur action soit lente et qu’ils essayent de ralentir le processus de la réaction. L’inconvénient majeur attaché à ce type de médicaments est que parfois ils font preuve d’une trop grande efficacité ! De ce fait il font bien fondre le kyste mais également la graisse qui se trouve autour de ces kystes. Par ailleurs ils peuvent atrophier la peau. Ce type de traitement ne doit donc être proposé que pour des cas de granulomes importants et rebelles car le risque de se retrouver avec des « trous » est réel.

Enfin, si ce traitement est impossible à pratiquer parce que la personne est trop réactive, la dernière solution envisageable est le recours à la chirurgie, mais là encore ce n’est pas vraiment idéal car la personne se retrouve alors avec des cicatrices sur le visage !